Michael Moore, le trublion américain, écrivain et réalisateur de films et de documentaires, est intrigué par la formidable réussite du système scolaire finlandais devenu n°1 mondial en 2000, alors que les USA se tenaient à la 29ème place. Le reportage commence par cette comparaison chiffrée peu flatteuse.

Le système scolaire finlandais privilégie la curiosité, les élans de découverte et d’expérimentation et en particulier les liens sociaux des enfants. Le temps le plus large est consacré à la vie sociale avec les autres de son âge. A aucun moment dans sa scolarité l’enfant ou l’adolescent n’est comparé à ses pairs en termes de résultat.

Vingt heures de cours à peine par semaine incluant la cuisine, l’art, la musique, le bricolage, etc. qui ont tout autant de place que les langues vivantes ou les mathématiques, une année scolaire la plus courte de tous les pays occidentaux et pas ou très peu de devoirs, voilà le régime des élèves finlandais. Cette organisation contraste vivement avec la conception surmoïque du travail inéluctablement liée à l’idée que celle-ci doit être inculquée à l’enfant. Le travail demande peine et discipline, voire dressage consenti. Au cœur du débat : l’évaluation. La comparaison avec les tests à choix multiples très prisés aux USA est savoureuse. Les adolescents, pragmatiques et amusés, répondent à Michael Moore qu’il n’y a pas besoin de choix multiples, ils savent la réponse. Et le silence d’une enseignante qui apprend de l’intervieweur que la poésie qui s’adapte mal au QCM est désormais obsolète dans certaines écoles américaines, ce silence est plus éloquent qu’un tableau chiffré.

A aucun moment de l’interview le terme de « compétence » n’est prononcé par les enseignants et responsables d’établissement. Cette absence de critères élitistes est aussi vrai pour les établissements qui ne connaissent en Finlande aucun classement performatif quant à leur résultat. Ces listes de classement des établissements sont devenues le cauchemar des parents soucieux du meilleur enseignement pour leur enfant et en France on voit se démultiplier les répertoires des meilleurs écoles, collèges, lycées, classes préparatoire… Il est dit un peu vite que chaque établissement propose la même qualité d’enseignement et qu’il n’existe pas d’école privée. Mais nous aimerions en savoir plus.

Dans ce rude pays où la nature impose son rythme, les adultes ont privilégié la créativité désirante de leurs enfants. Ils ont misé sur le désir au lieu du dressage.