Voir nécessite une ponctuation, une découpe qui puisse permettre un véritable phrasé du regard. On cligne des yeux pour introduire de l’espace et de la discontinuité dans le réel — c’est ce qui rend la vision possible. Dans chacun de nos regards, de nos battements de paupières, il y a dès lors du montage, du cinéma, comme si les techniques filmiques étaient présentes dans le mouvement des yeux avant même qu’elles aient été inventées. Mais comment penser la place du regard de l’autre dans cette ponctuation du visible ?

Peter Szendy est philosophe et musicologue, maître de conférence à l’université Paris Ouest Nanterre. Il a consacré plusieurs ouvrages à l’écoute. Plus récemment, ses recherches se sont orientées vers le cinéma et la question du regard.

  1. Szendy, À coups de points. La ponctuation comme expérience, Éd. de Minuit, 2013.
  2. Szendy, L’apocalypse-cinéma, Éd. Capricci, 2012.